Albaret, J., Aniort, J., Bonnin, N., Chiambaretta, F., Bons, O., Lesens, O., Kemeny, J.L., and Heng, A.E.
Introduction La syphilis est en recrudescence en France depuis l’année 2000. Avec elle réapparaissent les complications rénales de cette infection. Nous rapportons un cas d’atteinte oculo-rénale. Patients et méthodes Un homme de 43 ans est hospitalisé pour choriorétinite bilatérale confirmée par angiographie à la fluorescéine, avec découverte concomitante d’un syndrome néphrotique pur (protidémie à 52 g/L, l’albuminémie à 15,6 g/L, et la protéinurie de 3,5 g/24 h). Le bilan étiologique objective une syphilis tertiaire (TPHA = 1/5120, VDRL = 1/64, méningite lymphocytaire à culture stérile). Les bilans immunologiques et infectieux complémentaires sont sans particularité (chaînes légères libres sériques, électrophorèse des protéines sériques, fractions C3 et C4 du complément, ANCA, FAN, cryoglobulinémie et anticorps anti-récepteur de la phospholipase A2, sérologies VIH 1 et 2, VHB, VHC et PCR Chlamydiae, sérologie de Lyme). L’histologie rénale permet le diagnostic de glomérulonéphrite extra-membraneuse (GEM) de stade 1. Le traitement de la syphilis tertiaire par Pénicilline ® G IV 20 MUI/jour permet une rémission partielle du syndrome néphrotique dès la fin du traitement (14 jours) : protidémie = 58 g/L, albuminémie = 22 g/L, protéinurie = 0,7 g/24 h, suivie d’une rémission complète à 3 mois avec une protéinurie à 0,17 g/24 h, parallèlement à la guérison de la syphilis, sans rechute à 6 mois. Sur le plan ophtalmologique, on constate à 6 mois une faible récupération visuelle droite, conséquence d’une atrophie de l’épithélium pigmentaire séquellaire. Discussion et conclusion La GEM est l’atteinte rénale la plus fréquente de la syphilis. Son incidence actuelle, inconnue, est de 1 cas sur 51 biopsies de GEM depuis 10 ans dans notre hôpital. Elle est la conséquence de dépôts d’immuns complexes composés d’antigènes tréponémiques et de leurs anticorps. Le mécanisme exact (anticorps plantés ou dépôts de complexes immuns préformés) n’est pas connu, il diffère au niveau ophtalmique où l’épithélium pigmentaire choriorétinien est infecté directement par le tréponème. Notre observation démontre la rapide rémission du syndrome néphrotique avec la guérison de l’infection, rare avant 3 mois dans les GEM primitives. [ABSTRACT FROM AUTHOR]